Motricité du bébé : 10 comportements à éviter !

Comment accompagner au mieux le développement moteur de bébé ?

Tous les parents, grands-parents et éducateurs de jeunes enfants se posent cette question.DSC04334

Pour y répondre, Dominique Sellez, Psychomotricienne, vous propose de découvrir dans cet article les croyances erronées sur le développement des bébés qu’elle rencontre le plus souvent dans son activité professionnelle.

Malgré beaucoup de bonne volonté, certaines interventions apparemment anodines des adultes peuvent entrainer un important retard psychomoteur.
Au contraire, certains gestes simples peuvent aider les bébés.

Petit tour d’horizon des comportements que nous pouvons tous avoir eus un jour sans nous douter de leurs effets négatifs…

10 erreurs classiques qui entravent la motricité libre du bébé

  • Je n’aime pas mettre mon bébé par terre car c’est trop dur, c’est trop froid, c’est sale…

Bébé a besoin de se confronter à la diversité du monde : du chaud, du douillet, du froid… Il a besoin de toutes ces sensations.
Un tapis de sol isole bébé du froid et lui permet d’expérimenter le contact avec une surface rigide qui permet d’autres mouvements. Une couverture est moins adaptée car elle glisse.

  • Je ne mets pas mon bébé sur le ventre car ça le fait pleurer

bébé pleure sur le ventreL’étape à plat ventre est essentielle dans son développement car elle permet de trouver le repousser, le ramper et le 4 pattes.
Il ne faut pas se décourager si bébé pleure. Petit à petit il va renforcer son tonus, élargir son expérience et y prendre du plaisir.

Vous pouvez commencer par mettre bébé à plat ventre sur vos genoux. Cela lui permettra de rester en lien avec vous et de se sentir en sécurité pour découvrir ces nouvelles sensations.

Il est toutefois impératif d’installer votre enfant sur le dos lorsqu’il dort, afin d’éviter le syndrome de mort subite du nourrisson. La courbe des décès s’est d’ailleurs infléchit de façon très significative depuis le respect de ces consignes.

Toutefois le nombre de plagiocéphalies (arrière de la tête plate) ayant aussi significativement augmenté, il est recommandé lorsque l’enfant est réveillé et sous surveillance, de le mettre sur le ventre.

  • J’aide mon bébé à franchir une étape de motricité plus rapidement

On pense souvent que c’est bien d’aider l’enfant dans ses nouvelles acquisitions mais parfois le plus grand service qu’on puisse lui rendre est de le laisser explorer et découvrir par lui-même !
Il ne faut pas chercher à griller les étapes mais l’accompagner au mieux dans l’étape où il est. Chaque enfant se développe selon son propre rythme.
Toutefois, votre soutien émotionnel et votre regard bienveillant sont primordiaux ! 🙂

  • Je laisse dormir mon bébé dans le cosy

Ce siège coque doit être réservé à de courts déplacements en voiture. La posture qui est prise par le bébé dans cette « coquille » n’est pas physiologique.
De nombreux experts  pointent du doigt l’impact des longs séjours dans les cosys devant la recrudescence des cas de plagiocéphalie (tête plate à l’arrière).
Dormir se fait à plat sur le dos, c’est la position la plus appropriée.

  • Je cale mon bébé avec des coussins pour le faire tenir assis

    Sortez-moi de là !!!

Les parents sont souvent tentés d’assoir leur bébé pour qu’il « voie le monde ».
Qu’il tienne ensuite assis tout seul ou qu’on utilise des coussins pour le maintenir en place, dans tous les cas c’est vouloir griller des étapes indispensables à son développement.

En restant bloqué assis, il se déplacera au mieux en glissant sur les fesses et au pire il restera passif.

En résumé : tant qu’il ne sait pas s’assoir tout seul, l’enfant reste à plat sur le sol (sauf pour le faire manger ou passer un moment sur vos genoux bien sur !).

  • Je sécurise mon bébé dans son parc

Lorsque bébé commence à ramper, le parc devient un obstacle. Être limité à un mètre carré freine l’exploration et la curiosité de l’enfant. Son besoin d’espace est autant musculaire que psychique : il a un grand besoin de découverte. S’il ne peut pas ramper librement, l’acquisition du 4 pattes pourra être compromise.
De plus, l’enfant curieux se mettra debout en se tenant aux barreaux, et bien souvent sur la pointe des pieds. Or, il n’y est pas prêt : il n’a pas encore développé les bonnes chaines musculaires.

  • Pour que mon bébé ne tombe pas, je l’empêche de grimper

Dans la tête des adultes, l’équation « Grimper –> Tomber » nous pousse par précaution à intercepter les petits escaladeurs.
L’adresse, la souplesse, la coordination, l’aisance se développent avec l’expérience. Un bébé qui sait grimper ne se met pas en danger, alors qu’un bébé empêché est souvent maladroit.
Leur apprendre à redescendre du canapé les pieds en premier est la meilleure façon d’assurer leur sécurité.

  • Mon enfant marche à 4 pattes, je lui mets des chaussures

Essayez de marcher à 4 pattes avec des chaussures de ski !!!
Les chaussures bloquent la cheville et le travail si fin du pied. Elles sont tout simplement inutiles.
Par grand froid, des chaussons en cuir souple sont bien suffisants.

  • Je tiens les mains de bébé pour le faire marcher
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Lorsque l’on aide bébé à marcher en lui tenant les mains, le centre de gravité nécessaire à la marche se trouve  déplacé du ventre vers les épaules.
L’enfant perd alors la solidité de son enracinement.
Il a moins de stabilité, tombe souvent et se fait renverser facilement par les autres en collectivité.

 

  • Je mets mon bébé dans un porteur (« youpala »)

Même si les enfants adorent généralement se retrouver dans ces porteurs, ça n’aide pas du tout leur développement moteur. Ils construisent un schéma faussé de la verticalité.
Les sensations  et les chaines musculaires nécessaires à la marche ne sont pas sollicitées. Se déplacer sur la pointe des pieds ne donne pas une grande sécurité et un enracinement  satisfaisant.


Pour en savoir plus sur la motricité des tout-petits

Je vous conseille de lire l’excellent article de synthèse de Dominique Sellez : « Les 7 étapes clés de la motricité du bébé ».

Son objectif est de sensibiliser les adultes à l’importance de respecter autant que possible ces 7 grandes étapes du développement moteur des tout-petits.

 

Et pour aller encore plus loin sur ce sujet, Dominique vous conseille de découvrir les travaux de Michèle Forestier.


J’espère que cet article vous a plu.

Vous trouverez les coordonnées de Dominique Sellez dans notre rubrique « Nos pros partenaires ».

N’hésitez pas à contribuer à ce sujet :

  • partagez votre réaction et votre expérience dans les commentaires ci-dessous

  • envoyez cet article aux personnes qu’il pourrait intéresser 🙂

A bientôt,
Sarah

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2 thoughts on “Motricité du bébé : 10 comportements à éviter !

  1. Christelle says:

    Bonsoir
    Il existe un livre extraordinaire qui m a ouvert les yeux sur la motricité du tout petit
    Livre de michele forestier
    De la naissance au premier pas
    Livre clé de la petite enfance

    À mettre sans modération entre toutes les mains…
    Bonne soiree

    • Merci beaucoup Christelle pour cette référence.
      Michèle Forestier est la personne auprès de qui Dominique Sellez s’est formée, je pense donc qu’elle approuvera ce livre à 100% 😉
      Bonne soirée à vous également.

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